Glowing. Gradually.

Invictus (Nelson Mandela)

Publié par : erickedji le : janvier 18, 2010

Invictus (Morgan Freeman, Matt Damon)

Dans les ténèbres qui m’enserrent
Noires comme un puits où l’on se noie
Je rends grâce aux dieux, quels qu’ils soient
Pour mon âme invincible et fière.
Dans de cruelles circonstances
Je n’ai ni gémi ni pleuré,
Meurtri par cette existence
Je suis debout, bien que blessé.
En ce lieu de colère et de pleurs
Se profile l’ombre de la mort.
Je ne sais ce que me réserve le sort
Mais je suis, et je resterai sans peur.
Aussi étroit soit le chemin,
Nombreux, les châtiments infâmes,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.

Poème de William Ernest Henley, 1875

Poète, critique et éditeur britannique, Henley (1849-1903) avait été atteint de tuberculose osseuse à l’âge de 12 ans et dut, plus tard, subir l’amputation d’un pied à mi-jambe. La douleur lui inspira, sur son lit d’hôpital, ce poème chéri par Nelson Mandela durant sa détention: «Invictus» («invincible» en latin). Les deux derniers vers valurent à Henley les foudres de l’Eglise. Son ami Robert Louis Stevenson s’inspira de son handicap pour décrire le personnage boiteux de Long John Silver dans L’Ile au trésor.

– letemps.ch

Dans le film du même nom (« Invictus »), Clint Eastwood met en scène comment Nelson Mandela (Morgan Freeman) insuffle au capitaine des Springboks (l’équipe de rugby Sud-Africaine), François Pienaar (Matt Damon), l’inspiration et la détermination nécessaires pour offrir le titre de champions du monde à son pays.

Mandela redonne ainsi la fierté au peuple Sud-Africain, et lance la réconciliation difficile d’un peuple meurtri par l’apartheid. Un film à vous arracher des larmes, tellement il est chargé d’émotions.

Clint Eastwood constraste admirablement le drame des démons intérieurs qui font la faiblesse humaine, et la force indicible de cette volonté qui nous permet de la transcender. Un chef d’œuvre.

La confiance en soi, simplement

Publié par : erickedji le : mai 10, 2009

L'innocence et la confiance en soi entretiennent un lien étrange et profond

L'innocence et la confiance en soi entretiennent un lien étrange et profond

Adolescent, je parlais avec une grande aisance. Peu importe la personne en face. Peu importe les circonstances. Peu importe mon humeur.

Je me rappelle suggérer des idées à des professeurs, poser des questions à des étrangers, raconter des blagues à des ami(e)s, avec insouciance. J’habillais de mots mes pensées, sans appréhension, puis écoutait ensuite les réactions.

En fin d’adolescence, j’ouvrais la bouche avec moins de spontanéité. Je réfléchissais de plus en plus à ce que je doit dire, je m’inquiétais fort pour l’effet que cela va produire, j’imaginais avec angoisse les réactions possibles. J’avais de moins en moins confiance en moi en parlant.

J’ai tenté de remédier à la situation, en faisant comme tout le monde. Je me réconfortais de l’intérieur, je me disais que tout ira bien, je préparais mieux ce que j’allais dire, et je m’entrainais à surmonter l’angoisse.

Les résultats obtenus sont plutôt corrects. Je m’exprime assez facilement, et cache plutôt bien mes inquiétudes. Seulement, cette solution m’épuise. Elle consomme une énorme partie de mon énergie de réflexion. Elle rend mon humeur esclave des réactions (aléatoires) des autres.

D’où venait l’énorme confiance en soi de mon adolescence? De mon innocence. Je ne voyais pas le diable partout. Je ne tentais pas de faire un quelconque effet en parlant. Je communiquais, je n’essayais pas de manipuler. Quand on réagissait à mes dires, j’entendais des idées nouvelles, et non des jugements.

Est-ce possible de continuer à parler en toute innocence, une fois passé l’adolescence? J’ai la chance d’avoir compris récemment que c’est non seulement possible, mais fortement préférable. L’innocence résout le problème de la confiance en soi, sans épuiser.

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De simples phrases, chargées de sens

Publié par : erickedji le : avril 26, 2009

L'amour est authentique, quand on en déborde au point de pourvoir en offrir à un autre, autant qu'à soi-même.

L'amour est authentique, quand on en déborde, au point de pouvoir en offrir à un autre, autant qu'à soi-même.

Je me rappelle, au collège, frédonner à longueur de journée la chanson ci-après. Elle est traduite depuis ma langue natale.

L’amour surpasse tout, c’est pure vérité,
C’est un véritable trésor, c’est pure vérité,
C’est un don de Dieu, c’est pure vérité,
Je désire ardemment, moi, posséder l’amour.

Bénis-moi donc, Seigneur,
Remplis mon coeur d’amour,
Afin que j’aime tout le monde,
Autant que moi même.
Donne moi, Seigneur, de l’humilité,
Et un coeur soumis,
Pour m’aider à t’aimer toujours.

Je voudrais parler, ici, de cette idée contenue dans la chanson: la capacité d’aimer tout le monde autant que soi-même est un véritable trésor.

Nous nous attendons d’habitude à ce que la vérité soi complexe. Nous résistons aux idées qui brillent, autant par leur vérité que par leur simplicité, leur quasi-évidence. Il est presque instinctif de rejeter une idée sans autre forme de procès, parce qu’elle est trop belle pour être vraie.

Les idées les plus radicales, celles qui ont changé des vies, sont cependant, le plus souvent, conceptuellement simples. Derrière la simplicité de l’idée du coeur débordant d’amour, se cache une vérité millénaire.

Faites vous une faveur. Vivez ainsi, sincèrement, pendant quelques jours. La paix intérieure qui va en résulter, pourrait bien vous faire découvrir des trésors cachés en vous, et vous transformer à jamais.

innocente fillette

L'innocence est une pureté d'esprit à cultiver.

Je le sais, parce que j’ai essayé, senti la joie pathologique qui en résulte, douté un moment de l’efficacité de l’idée (parce que trop terre-à-terre), erré pendant des années, suis revenu à la raison, et retrouvé cette nirvana qui résulte du délice de vivre chaque instant, pleinement.

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L’humilité revisitée

Publié par : erickedji le : mars 31, 2008

Il est des valeurs sociales comme des feux de signalisation: il en faut à chaque fois qu’un comportement inoffensif à l’échelle de l’individu, tourne au désastre à l’échelle du groupe. Traverser les rues sans jamais s’arrêter est intéressant pour tout conducteur, mais à l’échelle du groupe, c’est des accidents garantis.

L'humilité, poussée à l'extrême, efface l'être pour ne laisser que son hombre

L'humilité, poussée à l'extrême, efface l'être pour ne laisser que son ombre.

L’humilité fait partie de ces valeurs qui n’ont de sens que dans un contexte social. Sa raison d’être est simple: une personne humble est beaucoup plus vivable qu’une autre qui ne l’est pas. cultiver l’humilité, c’est accepter d’attendre quelques minutes au rond point pour rendre la circulation plus sûre.

Malheureusement, les valeurs morales ont une telle force qu’on s’en réclame comme on se réclame d’une culture. Au delà de leur fonction de garde-fou, elles deviennent des refuges identitaires. Très vite, il n’est plus question de comportement humble, mais de personne humble. La dégénérescence d’une vertu en vice est un spectacle tout à fait unique.

Tout commence innocemment par la culture d’une vision manichéenne du monde: les humbles d’un coté, les gonflés de l’autre. Aucun no man’s land. C’est blanc ou c’est noir, pas les deux à la fois. Puisqu’il est évident que le gonflé est « mauvais », le fait que l’humble soit un « saint » suit sans discuter. A ce stade, le vieux dicton « La modération en toute chose » n’est plus qu’un lointain souvenir. Si les feux tricolores sont mis hors service la nuit (parce qu’il y a moins de circulation), c’est parce qu’on garde à l’esprit leur fonction. Ils servent à éviter des accidents, pas à obliger les automobilistes à faire des pauses. L’humble viscéral n’est pas dans le génie civil.

L’essence même de l’humilité est d’éviter certaines choses, parce qu’elles compliquent la vie aux autres. Mais une identité culturelle se construit avec ce qu’on fait, pas avec ce qu’on ne fait pas. L’humilité, devenue une culture, va créer la collection de comportement qui définira son identité. C’est le début d’une descente en enfer…

Il devient peu à peu insuffisant d’éviter de parler de ses compétences à tout bout de champ. Il faut pousser la logique jusqu’au bout et les cacher. Vous êtes excellent joueur? Dites que vous venez de commencer à apprendre, ça fait plus humble. Après une semaine de préparation intense, vous avez trouvé le devoir plutôt simple? Dites que c’était dur, ça fait plus humble. Vous êtes cordon bleu? Restez silencieux quand on cherche un bon cuisinier, ça fait plus humble.

Les habitudes étant des secondes natures, les interviews et autres questions directes sur les compétences deviennent un supplice. Tous les « je n’en sais rien » sont applaudis par l’ange de l’humilité. Tous les « je maîtrise parfaitement ce domaine » sont difficilement arrachés, sous les bravos du démon de la prétention.

Quand on en arrive là, les compétences accessoires perdent de leur valeur. Le génie littéraire s’indigne quand un professeur donne de la valeur aux belles calligraphies. Le virtuose des mathématiques est choqué par l’importance que l’on accorde à la propreté d’une copie. L’avantage des candidats beaux parleurs dans une argumentation révolte l’as du raisonnement. Toute activité est réduite à sa nature; les décorations sont systématiquement rejetées parce que faisant « trop voyeur ». Force est cependant de constater que la société valorise ces décorations. Mais l’humble viscéral ne changera pas. Lorsqu’on croit fort en une idée, et que l’évidence s’y attaque, on garde le silence, et on presse le pas.

Pour ne rien arranger, un nouvel acteur entre en scène: la visibilité. Voyez-vous, l’idéal d’humilité suppose implicitement qu’il existe des moyens efficaces de détection de compétences, autres que le témoignage de l’intéressé. On compte tacitement sur les structures en place, pour que l’effort soit manifeste. Les instruments de mesure en sport, les notes en classes, les applaudissements des spectateurs sont autant de juges impartiaux. Essayer de faire sa propre publicité quand il y a ces juges en place, c’est d’ailleurs un réflexe pour remédier à l’incompétence. Seulement, l’humilité se plait à croire que les « juges impartiaux » voient tous les candidats. Dès que le juge perd de vue un candidat, tout le raisonnement tombe à l’eau. Malheureusement, les juges sont de plus en plus aveugles.

Depuis que notre monde s’est transformé en usine à produire l’information, rien ne vas plus chez les juges. Ils sont littéralement enterrés sous des tonnes d’information. Ils jugent, mais ne peuvent choisir que parmi ceux qu’ils voient. A qui, dans ce contexte, revient la responsabilité de la visibilité? Pourquoi l’élève parle-t-il fort quand l’enseignant a l’ouïe faible? Pourquoi le meilleur restaurant de la ville fait-il de la publicité? Pourquoi une ravissante beauté soigne-t-elle son habillement?

Toute cette diabolisation de l’humilité est quelque peu exagérée. Toute personne, même viscéralement humble, sait montrer occasionnellement ses compétences. Seulement, quand on est viscéralement humble, on ne se résout à sortir de sa coquille que pour redresser une situation extrême. C’est comme un musicien qui ne touche à la guitare que la veille du concert. Les performances médiocres ne tuent pas, mais elles font la différence quand il y a de la compétition. L’humble viscéral ne se rend pas compte qu’il ne sait pas se vendre. Comment s’en rendre compte quand on croît dur comme fer que l’on a très peu souvent besoin de se vendre. Quand le singe n’arrive pas à monter sur le bananier, il dit que la banane est pourrie.

Je ne compte plus le nombre de fois que le manque de confiance, l’hésitation à monter au créneau, les belles idées faiblement défendues (les rares fois où elles le sont), l’incapacité de rendre ses compétences manifestes fait des victimes dans mon petit monde. Le défi du développement de compétences a été largement relevé. Sur le front de l’utilisation des compétences, les nouvelles sont beaucoup moins bonnes. Le chandelier a été allumé, puis placé sous un panier.

Se peut-il que la question ne soit pas aussi mineure qu’elle semble l’être? Que la banane n’est pas pourrie? Que le défi n’attends que la prise de conscience pour être relevée? Que « relevons le défi » ne prend tout son sens qu’après que le défi ait été reconnu comme tel? Que le vrai défi est d’accepter que le défi en est un?

Il fait nuit. Il y a très peu de voitures dans les rues. Et si on mettait les feux tricolores hors service?

« Don’t be so humble – you are not that great. »

- Golda Meir (1898-1978) to a visiting diplomat

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  • erickedji: Brillant Guy! Tu exposes avec beaucoup plus de clarté une bonne partie des choses qui me traversaient l'esprit. Devoir fonder la confiance en s
  • Guillaume: Mouttttt bikhir ! comme disent les marocains.
  • Guillaume: Ton idée est merveilleuse en ce sens qu'elle dit que la confiance en soi se trouve dans le vrai Intérieur. "Le Moi dépouillé de tou

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